La Table d’Émeraude – Hermès Trismégiste

La Table d'Émeraude - Hermès Trismégiste

Vous trouverez sur cette page différentes versions de la Table d’Émeraude de Hermès Trismégiste.


Introduction (selon Wikipédia)

La Table d’émeraude (Tabula Smaragdina en latin) est un des textes les plus célèbres de la littérature alchimique et hermétique. C’est un texte très court, composé d’une douzaine de formules allégoriques et obscures, dont la fameuse correspondance entre le macrocosme et le microcosme : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ».

Selon la légende, elle présente l’enseignement de Hermès Trismégiste, fondateur mythique de l’alchimie, et aurait été retrouvée dans son tombeau, gravée sur une tablette d’émeraude. La plus ancienne version connue se trouve en appendice d’un traité arabe du VIe siècle. Bien qu’il s’agisse initialement d’un texte de magie talismanique, une erreur de traduction en latin au XIIe siècle, a conduit à en faire un texte d’alchimie, largement commentée au Moyen Âge et surtout à la Renaissance.

Malgré le discrédit scientifique de l’alchimie et le développement de la chimie moderne au XVIIIe siècle, elle a continué à fasciner occultistes et ésotéristes.

Source : La page Wikipédia

 


Table d’Émeraude (latin & français)

Ci-dessous la Table d’Émeraude en latin et en français tel qu’on peu la lire sur Wikipédia.

Tabula smaragdina Hermetis Trismegisti

« Verum, sine mendacio, certum et verissimum : quod est inferius est sicut quod est superius; et quod est superius est sicut quod est inferius, ad perpetranda miracula rei unius. Et sicut omnes res fuerunt ab uno, mediatione unius, sic omnes res natae fuerunt ab hac una re, adaptatione. Pater ejus est Sol, mater ejus Luna; portavit illud Ventus in ventre suo; nutrix ejus Terra est. Pater omnis telesmi totius mundi est hic. Vis ejus integra est si versa fuerit in terram. Separabis terram ab igne, subtile a spisso, suaviter, cum magno ingenio. Ascendit a terra in caelum, iterumque descendit in terram, et recipit vim superiorum et inferiorum. Sic habebis gloriam totius mundi. Ideo fugiet a te omnis obscuritas. Haec est totius fortitudinis fortitudo fortis; quia vincet omnem rem subtilem, omnemque solidam penetrabit. Sic mundus creatus est. Hinc erunt adaptationes mirabiles, quarum modus est hic. Itaque vocatus sum Hermes Trismegistus, habens tres partes philosophiae totius mundi. Completum est quod dixi de operatione Solis. »


La Table d’émeraude d’Hermès Trismégiste, père des Philosophes (traduction de l’Hortulain)

« Il est vrai, sans mensonge, certain, & très véritable : Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut ; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d’une seule chose. Et comme toutes les choses ont été, & sont venues d’un, par la médiation d’un : ainsi toutes les choses ont été nées de cette chose unique, par adaptation. Le soleil en est le père, la lune est sa mère, le vent l’a porté dans son ventre ; la Terre est sa nourrice. Le père de tout le telesme de tout le monde est ici. Sa force ou puissance est entière, si elle est convertie en terre. Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l’épais doucement, avec grande industrie. Il monte de la terre au ciel, et derechef il descend en terre, & il reçoit la force des choses supérieures et inférieures. Tu auras par ce moyen la gloire de tout le monde ; et pour cela toute obscurité s’enfuira de toi. C’est la force forte de toute force : car elle vaincra toute chose subtile, et pénétrera toute chose solide. Ainsi le monde a été créé. De ceci seront & sortiront d’admirables adaptations, desquelles le moyen en est ici. C’est pourquoi j’ai été appelé Hermès Trismégiste, ayant les trois parties de la philosophie de tout le monde. Ce que j’ai dit de l’opération du Soleil est accompli, et parachevé. »

 


La Table d’Émeraude d’Hermès Trismégiste

Ci-dessous une version qui varie un peu, extraite du site L’Atlantide et les Atlantes.

 

Je ne dis ici que la vérité et rien d’autre!

Ce qui est en bas est semblable à ce qui est en haut. Et ce qui est en haut est semblable à ce qui est en bas. On doit savoir cela afin de gagner la connaissance du merveilleux Primordial!*

Tout ce qui est matériel existe par la volonté du Primordial. Tous les objets matériels sont devenus manifestes par la densification de l’énergie par Le Primordial.

Le Soleil* est le Père du monde manifeste; le “lunaire”* en est sa Mère. L’Esprit Saint “élève vers le haut” les âmes qui se développent; la Terre les soutient. Le Père de tout développement dans l’univers entier est toujours partout présent.

Sa puissance est la Puissance Suprême! Elle est supérieure à tout autre! Et est manifesté sur Terre — dans son Omnipotence!

Ainsi se divise: le “terrestre” — et Les Flammes*, le grossier — et le subtil! Porte à cela grande attention, respect, et compréhension!

Deviens le Feu le plus Subtil — et connais le Céleste! Ainsi, tu Fusionneras. Ensuite, reviens sur Terre — et tu percevras le plus subtil et auras le pouvoir de transformer efficacement l’imparfait.

Cela signifiera que tu auras réalisé la gloire de la Fusion avec le Primordial et que tu te seras défait de l’obscurité de l’ignorance.

La puissance du Primordial est présente sous toutes choses: de la plus subtile à la plus grossière — et les contrôles. C’est de cette façon que la Création existe. Et grâce à cette merveilleuse interconnexion de Tout le développement se poursuit.

C’est pourquoi Mon nom est Hermès Trois fois né: car J’agis dans chacun des trois plans de l’existence* et possède la sagesse de l’univers entier!

Ainsi, J’ai dit tout ce que Je voulais dire au sujet de la manifestation du Soleil.

CHAPITRE XV – Axiomes hermétiques

« Posséder le Savoir, si on ne le manifeste pas et si on ne l’exprime pas dans ses Actes est comme la thésaurisation d’un précieux métal, une chose vaine et folle. Le Savoir, comme la Santé est destiné à Servir. La Loi de l’Utilisation est Universelle, celui qui la viole souffre parce qu’il s’oppose aux forces naturelles. »

LE KYBALION.

Les Enseignements hermétiques, s’ils ont toujours été soigneusement tenus secrets par leurs fortunés possesseurs, pour des raisons que nous avons déjà dites, n’étaient pas destinés à être constamment conservés et tenus secrets. La Loi de l’Utilisation fait partie des Enseignements comme vous pouvez le voir en vous reportant à la citation que nous venons de donner et qui l’affirme avec une grande netteté. Le Savoir sans Utilisation et sans Expression est une chose vaine, ne conférant aucun bien à celui qui le possède et à la race toute entière. Méfiez-vous de l’Avarice Mentale et mettez en Action ce que vous avez appris. Étudiez les Axiomes et les Aphorismes, mais ne manquez pas de les pratiquer. Nous donnons ci-dessous quelques-uns des Axiomes hermétiques les plus importants du Kybalion chacun suivis de quelques commentaires. Faites-les vôtres et pratiquez les ; ils ne seront pas réellement vôtres si vous ne les utilisez pas.

« Pour changer votre état d’esprit ou vos états mentaux, modifiez votre vibration. »

LE KYBALION.

Tout individu peut changer ses vibrations mentales par un effort de Volonté, en fixant son Attention sur l’état désirable. La Volonté dirige l’Attention et l’Attention modifie la Vibration. Cultivez l’Art de l’Attention, à l’aide de la Volonté, et vous avez trouvé le secret de la Maîtrise des Sentiments et des États Mentaux.

« Pour détruire une mauvaise période de vibration, mettez en activité le Principe de Polarité et concentrez votre pensée sur le pôle opposé de celui que vous voulez annihiler. Tuez l’indésirable en modifiant sa Polarité. »

LE KYBALION.

Cette formule hermétique est une des plus importantes de la doctrine. Elle est basée sur de véritables principes scientifiques. Nous avons montré qu’un état mental et son état contraire n’étaient que les deux pôles d’une même chose et que par la Transmutation Mentale, la polarité pouvait être renversée. Ce principe est connu des psychologues modernes qui l’appliquent pour supprimer les mauvaises habitudes en conseillant à l’étudiant de se concentrer fortement sur la qualité opposée. Si vous êtes Peureux, ne perdez pas votre temps à essayer de supprimer en vous la Peur ; développez le Courage et la Peur disparaîtra. Quelques auteurs ont exprimé cette idée avec plus de force en utilisant l’exemple de la chambre noire. Vous ne devez pas essayer d’enlever l’obscurité d’une pièce, vous n’avez qu’à ouvrir les volets et l’obscurité, envahie par la Lumière, disparaît. Pour supprimer une qualité Négative, concentrez votre pensée sur le Pôle Positif de cette même qualité et les vibrations, de Négatives qu’elles étaient deviendront Positives, jusqu’à ce que vous finissiez par être polarisés sur le pôle Positif au lieu de l’être sur le pôle Négatif. Le contraire est également vrai, comme beaucoup de gens ont pu s’en apercevoir à leurs dépens, quand ils se laissent vibrer trop, souvent sur le pôle Négatif des choses. En modifiant votre polarité, vous pouvez maîtriser vos sentiments, changer vos états mentaux, remanier vos dispositions et construire votre caractère.

Une grande partie de la Maîtrise Mentale des Hermétistes avancés est due à cette application de la Polarité qui constitue un des plus importants aspects de la Transmutation Mentale. Souvenez-vous bien de l’axiome hermétique que nous avons déjà cité et qui dit :

« L’Esprit, aussi bien que les métaux et les éléments, peut être transmuté d’état à état, de degré à degré, de condition à condition, de pôle à pôle, de vibration à vibration. »

LE KYBALION.

La Maîtrise de la Polarisation est la maîtrise des principes fondamentaux de la Transmutation Mentale ou de l’Alchimie Mentale, car, si un individu n’acquiert pas l’Art de changer sa propre polarité, il sera incapable d’influencer son entourage. Une compréhension parfaite de ce Principe permettra à tout individu de changer sa Polarité Personnelle aussi bien que celle des autres, s’il veut bien consacrer le temps, le soin, l’étude et la pratique nécessaires pour se rendre maître de l’Art. Le Principe est vrai, mais les résultats obtenus dépendent uniquement de la patience et de la pratique de l’élève.

« Le Rythme peut être neutralisé par une application correcte de l’Art de la Polarisation. »

LE KYBALION.

Comme nous l’avons expliqué dans les précédents chapitres les Hermétistes affirment que le Principe du Rythme se manifeste aussi bien sur le Plan Mental que sur le Plan Physique et que la succession désordonnée des sentiments, des états d’esprit, des émotions et des autres états mentaux est due au mouvement d’allée et venue du pendule mental qui nous entraîne d’une extrémité d’un sentiment à l’autre.

Les Hermétistes enseignent également que la Loi de Neutralisation permet, dans une très large mesure, de maîtriser consciemment les opérations du Rythme. Comme nous l’avons expliqué, il existe un Plan Supérieur de Conscience, de même qu’il existe un Plan Inférieur ; le Maître, en s’élevant graduellement jusqu’au Plan Supérieur oblige l’oscillation du pendule mental à se manifester sur le Plan Inférieur ; pendant ce temps, lui, qui a atteint le Plan Supérieur, échappe à la conscience de l’oscillation de retour du pendule. Ce résultat s’obtient en se polarisant sur le Moi Supérieur et en atteignant ainsi les vibrations mentales du Moi situées bien au-dessus du plan ordinaire de conscience. C’est la même chose de s’élever au-dessus d’une chose ou de la laisser passer devant soi. Les Hermétistes avancés se polarisent au pôle Positif de leur Être, au pôle du « Je suis » au lieu du pôle de la personnalité, en refusant, en « niant » l’opération du Rythme, ils s’élèvent au dessus du plan de la conscience et en restant fermement établis dans leur Jugement de L’Être, ils permettent au pendule de revenir en arrière sur le Plan inférieur sans modifier leur polarité. Cela peut être accompli par tous ceux qui ont atteint un degré quelconque de Maîtrise personnelle, qu’ils comprennent ou non la Loi. De tels individus « refusent » simplement d’être attirés en arrière par le pendule des sentiments et des émotions ; en affirmant sans répit leur supériorité, ils restent polarisés au Pôle Positif. Naturellement, le Maître bénéficie de tout cela à un degré bien plus considérable parce qu’il comprend la loi, parce qu’il sait qu’il la détruit en lui en opposant des lois supérieures et parce que, grâce à sa Volonté, il atteint un degré de Poids et de Solidité Mentale presque incroyables pour ceux qui se laissent balancer en avant puis en arrière par le pendule mental des états d’esprit et des sentiments.

N’oubliez pas cependant, qu’en réalité, vous ne détruisez pas le Principe du Rythme qui est indestructible. Vous ne faites que maîtriser une loi en lui en opposant une autre et en maintenant ainsi l’équilibre. Les lois du poids et du contre-poids opèrent aussi bien sur le plan mental que sur le plan physique ; une compréhension parfaite de ces lois permet à quiconque de sembler les maîtriser, tandis qu’en réalité, il ne fait que les contre-balancer.

« Rien n’échappe au Principe de la Cause et de l’Effet ; mais il existe plusieurs Plans de Causalité et tout individu peut utiliser les lois des Plans Supérieurs pour maîtriser les Lois des Plans Inférieurs. »

LE KYBALION.

En comprenant bien la pratique de la Polarisation, l’Hermétiste s’élève sur un plan supérieur de Causalité et contre-balance ainsi les lois des plans inférieurs. En s’élevant au-dessus du plan ordinaire des Causes, il devient, là un certain degré, une Cause au lieu d’être « Causé ». En étant capable de maîtriser ses états d’esprit et ses sentiments et en pouvant neutraliser le Rythme, comme nous l’avons déjà expliqué, il est capable d’échapper à une grande partie des opérations du principe de la Cause et de l’Effet sur le plan ordinaire. Les, foules se laissent conduire ; elles obéissent à leur entourage ; les volontés et les désirs des autres sont plus puissants que les leurs ; elles subissent les suggestions de ceux qui les entourent et toutes les causes extérieures qui essayent de les faire mouvoir sur l’échiquier de la vie comme de simples pions. En s’élevant au-dessus des causes susceptibles de l’influencer, l’Hermétiste avancé atteint un plan supérieur d’action mentale ; et en dominant ses états d’esprit, ses émotions, ses tendances et ses sentiments, il crée en lui-même un nouveau caractère, de nouvelles qualités et de nouveaux pouvoirs, grâce auxquels il peut dominer son entourage ordinaire et devenir ainsi pratiquement Joueur au lieu d’être simple Pion. De tels individus jouent consciemment le jeu de la vie au lieu d’être conduits de ci, de là par les pouvoirs et les volontés plus fortes. Ils utilisent le Principe de la Cause et de l’Effet au lieu d’être utilisés par lui. Naturellement, même les plus grands Maîtres sont sujets au Principe, car il ne se manifeste pas moins sur les plans supérieurs ; mais sur les plans inférieurs d’activité, ils sont Maîtres au lieu d’être Esclaves. Comme le dit le Kybalion :

« Le sage sert sur le plan supérieur mais est servi sur le plan inférieur. Il obéît aux lois venant d’en haut, mais sur son propre plan et sur les plans inférieurs, il est maître et donne des ordres. D’ailleurs en agissant ainsi, il constitue une partie du Principe au lieu de s’y opposer. Le sage fait partie de la Loi ; en comprenant bien ses mouvements il l’utilise au lieu d’en être l’esclave aveugle. Le sage, par rapport à l’homme ordinaire peut être comparé au nageur habile, allant et venant de tous côtés ; par rapport à la bûche qui est emportée de tous côtés ; cependant le nageur et la bûche, le sage et l’imbécile sont également sujets à la loi. Celui qui comprend cette vérité est bien dans la voie de la maîtrise. »

LE KYBALION.

Pour conclure appelons encore votre attention sur l’axiome hermétique suivant :

« La Vraie Transmutation Hermétique est un Art Mental. »

LE KYBALION.

Dans cet axiome les Hermétistes enseignent que le grand travail d’influencer un entourage est accompli à l’aide du Pouvoir Mental. L’Univers étant complètement mental, il en résulte qu’il ne peut être conduit que par la Mentalité. Dans cette vérité on peut trouver l’explication de tous les phénomènes et la manifestation de tous les divers pouvoirs mentaux qui ont tant attiré l’attention et qui ont été si étudié au début du vingtième siècle. On retrouve constamment sous les enseignements des divers cultes et des différentes écoles le principe de la Substance Mentale de l’Univers. Si l’Univers est Mental dans sa nature substantielle, il s’ensuit nécessairement que la Transmutation Mentale doit changer les conditions et les phénomènes de l’Univers. Si l’Univers est Mental, l’Esprit doit être le pouvoir le plus considérable qui agit dans ses phénomènes. Si cette vérité était bien comprise on verrait la véritable nature de ce qu’on a coutume d’appeler des « miracles. »

« LE TOUT est ESPRIT ; l’Univers est Mental. »

LE KYBALION.

 

– FIN –

 


CHAPITRE XIV – Le Genre Mental

Les étudiants en psychologie qui ont suivi la direction moderne de la pensée dans les phénomènes mentaux sont frappés par la persistance de l’idée d’un esprit double qui s’est manifestée puissamment dans les dix ou quinze dernières années et qui a donné naissance à un grand nombre de théories plausibles concernant la nature et la constitution de ces « deux esprits ». Thomson J. Hudson s’est acquis une grande popularité en 1893 en avançant sa théorie bien connue de « l’esprit subjectif et de l’esprit objectif » qu’il affirmait exister conjointement dans chaque individu. D’autres auteurs se sont attiré une attention au moins égale avec leurs théories concernant « l’esprit conscient et subconscient », « l’esprit volontaire et involontaire », « l’esprit actif et l’esprit passif », etc., etc. Les théories de ces différents philosophes diffèrent les unes des autres, mais il subsiste cependant dans tout le principe de la « dualité de l’esprit. »

L’étudiant en Philosophie hermétique est tenté de sourire quand il lit ou quand il entend parler de ces « théories nouvelles » au sujet de la dualité de l’esprit, chaque école se confinant avec ténacité dans ses propres idées et proclamant toujours partout avoir « découvert la vérité ». L’étudiant se reporte aux pages de l’histoire occulte et, tout au commencement des Enseignements secrets il retrouve des références à l’Ancienne doctrine hermétique du Principe du Genre sur le Plan Mental, la manifestation du Genre Mental. En examinant tout cela avec attention, il se rend compte que la philosophie ancienne avait connaissance du phénomène de la « dualité de l’esprit » et en tenait compte dans sa théorie du Genre Mental. Cette idée du Genre Mental peut être expliquée en quelques mots aux étudiants qui sont familiarisés avec les théories modernes qui y font allusion. Le Principe Masculin de l’Esprit correspond à ce qu’on appelle l’Esprit Objectif, l’Esprit Conscient, l’Esprit Volontaire, l’Esprit Actif, etc. Le Principe Féminin de l’Esprit correspond à ce qu’on appelle l’Esprit Subjectif, l’Esprit Subconscient, l’Esprit Involontaire, l’Esprit Passif, etc. Naturellement, les Enseignements hermétiques n’acceptent pas les nombreuses théories modernes concernant la nature des deux phases de l’esprit, de même qu’ils n’admettent pas un grand nombre de faits attribués à ses deux aspects respectifs, quelques-unes de ces théories et de ces affirmations étant très superficielles et incapables de fournir des expériences et des démonstrations concluantes. Nous insistons surtout sur les ressemblances de ces diverses théories dans le but de permettre à l’étudiant d’assimiler ses connaissances précédemment acquises avec les enseignements de la Philosophie hermétique. Les élèves de Hudson remarquèrent ce jugement qui se trouve au commencement de son deuxième, chapitre de « La Loi des Phénomènes Psychiques » et que voici : « Le jargon mystique des philosophes hermétiques découvre la même idée générale », c’est-à-dire la dualité de l’esprit. Si le Docteur Hudson avait pris le temps et la peine de déchiffrer un peu du jargon mystique des philosophes hermétiques », il aurait pu acquérir beaucoup de lumière au sujet de la « dualité de l’esprit », mais, alors, sans doute, son très intéressant ouvrage n’aurait pas été écrit. Voyons maintenant ce que nous disent les Enseignements hermétiques concernant le Genre Mental.

Les Professeurs hermétiques commencent leur enseignement à ce sujet en priant les élèves d’examiner le rapport de leur conscience au sujet de leur Moi. L’étudiant est prié de diriger son attention sur le Moi qui se trouve dans chaque individu. Il est amené à constater que sa conscience lui montre d’abord l’existence du Moi ; il en conclut : « Je suis ». Au premier abord, cette affirmation semble le dernier mot de la conscience, mais un examen plus attentif découvre le fait que ce « Je suis » peut être divisé en deux parties distinctes, en deux aspects qui, bien que travaillant en union et en conjugaison intime, peuvent cependant être séparés.

Tandis qu’au premier abord, il semble n’exister qu’un « Je », une étude plus profonde à plus attentive révèle l’existence d’un « Je » et d’un « Moi ». Ces deux frères mentaux diffèrent dans leur nature et dans leurs caractéristiques réciproques ; l’examen de leur nature et des phénomènes qui émanent de la même volonté pourra jeter une grande lumière sur bien des problèmes de l’influence mentale.

Commençons par considérer le « Moi » qui est fréquemment confondu avec le « Je » par l’élève, tant qu’il n’a pas poussé son enquête jusque dans le dédale de la conscience. Un homme considère son Être, sous son aspect du « Moi » comme composé de certains sentiments, de certains goûts, de dégoûts, d’habitudes, de tics et de caractéristiques particulières, qui contribuent tous à former sa personnalité ou le « Moi » que lui-même et ses compagnons connaissent. Il sait que les sentiments et les émotions changent, qu’ils naissent et meurent, qu’ils sont sujets au Principe de Polarité qui le porte d’un sentiment extrême au sentiment contraire. Il considère que son « Moi » n’est autre chose qu’une certaine connaissance qu’il a acquise et qui forme ainsi une partie de lui-même. C’est cela le « Moi » d’un homme.

Mais nous sommes allés trop vite. On peut dire. que le « Moi » de beaucoup d’individus consiste surtout dans la conscience du corps et de ses appétits physiques. Leur conscience étant imbue de la nature de leur corps, leur vie est donc pratiquement dirigée dans ce sens. Quelques hommes vont même jusqu’à penser que leur « machine physique » est une partie de leur « Moi » ; ils la considèrent comme une partie d’eux-mêmes. Un auteur humoriste a écrit avec beaucoup de vérité que « l’homme est formé de trois choses essentielles : l’âme, le corps et les habits ». Ces individus ainsi « habillés » perdraient leur personnalité si, par hasard, des sauvages venaient à les dépouiller de leurs vêtements après un naufrage par exemple. Mais, même ceux qui ne sont pas aussi étroitement butés dans cette idée de « vêtements », croient fermement que leur enveloppe physique fait partie de leur « Moi » et même est ce « Moi » lui-même. Ils ne conçoivent pas un « Moi » indépendant de leur corps. Leur esprit leur paraît être pratiquement une « chose appartenant » à leur corps, ce qui est d’ailleurs vrai dans un grand nombre de cas.

Mais au fur et à mesure qu’un homme s’élève sur l’échelle de la conscience, il devient capable de séparer l’idée du « Moi » de l’idée du corps ; il pense que son enveloppe physique « appartient » à la partie mentale qui se trouve en lui. Mais, même à ce moment, il peut encore identifier entièrement ce « Moi » avec les états mentaux, les sentiments qu’il sait exister en lui. Il peut encore considérer ces états internes identiques avec lui-même, au lieu de les considérer simplement comme des « choses » produites par une petite partie de sa mentalité et existant à l’intérieur de lui, mais n’étant pas cependant « lui-même ». Il voit qu’il peut changer ces états intérieurs de sentiments par un effort de la volonté et qu’il peut produire un sentiment ou un état d’une nature exactement opposée ; cependant, il se rend compte que c’est toujours le même « Moi » qui existe. Ainsi au bout d’un certain temps, il devient capable de mettre de côté ses divers états mentaux, ses émotions, ses sentiments, ses habitudes, ses qualités, ses caractéristiques et toutes les autres choses mentales qui lui appartiennent ; il devient capable de les considérer comme faisant partie de cette collection de curiosités et de choses encombrantes qu’on appelle le « Non-Moi ». Cela nécessite une grande concentration mentale et un pouvoir d’analyse considérable de la part de l’élève. Cependant, le travail est possible pour l’adepte ; même ceux qui ne sont pas aussi avancés sont susceptible de voir, en imagination, comment ce processus peut s’accomplir.

Une fois que l’élève, comme nous venons de le dire, a fini de mettre de côté comme faisant du non-moi les sentiments qui habitent son esprit, il s’aperçoit qu’il est en possession consciente d’un Être qu’il peut considérer sous le double aspect du « Moi » et du « Je ». Le « Moi » sera perçu comme une Chose Mentale dans laquelle les pensées, les idées, les émotions, les sentiments et les autres états mentaux peuvent être produits. Il peut être considéré comme le « sein mental », c’est ainsi que les anciens l’appelaient, capable d’enfanter les fils mentaux. Il apparaît à la conscience comme un « Moi » doué du pouvoir latent de créer et d’engendrer une progéniture mentale de n’importe quelle nature. Ses pouvoirs d’énergie créative sont énormes. Et encore, il semble qu’il reçoive quelque forme d’énergie soit de son compagnon, le « Je », soit d’autres « Je » extérieurs à lui pour être capable de réaliser matériellement ses créations mentales. Il résulte de cela qu’il se constitue une capacité énorme de travail mental et d’habileté créatrice.

Mais l’étudiant se rend vite compte qu’il ne trouve pas seulement cela dans sa conscience intime. Il trouve qu’il existe une Chose mentale qui est capable de Vouloir que le « Moi » agisse dans une direction créatrice et qui est également capable de se tenir en dehors de la création mentale et de se comporter vis-à-vis d’elle comme un spectateur. Cette partie de lui-même, il est porté à l’appeler « Je ». Il peut se reposer à volonté sur sa connaissance. Il trouve dans ce « Je », non pas une faculté d’engendrer et de créer activement, dans le sens du processus graduel ordinaire des opérations mentales, mais une faculté de projeter une énergie du « Je » Vers le « Moi », une faculté de « vouloir » que la création mentale commence et suive régulièrement son cours. Il s’aperçoit également que le « Je » est capable de rester neutre, de rester témoin inactif des créations et des générations mentales du « Moi ». Ce double aspect de l’esprit se trouve dans tout individu. Le « Je » représente le Principe Masculin du Genre Mental ; le « Moi » représente le Principe Féminin. Le « Je » est l’aspect de L’Être ; le « Moi » est l’Aspect du Devenir. Vous remarquerez que le Principe de
Correspondance opère sur ce plan de la même manière qu’il opère sur le grand plan sur lequel la création des Univers s’accomplit. Les deux plans sont de nature semblable, bien qu’ils soient profondément différents en degrés. « Ce qui est en Haut est comme ce qui est en Bas ; ce qui est en Bas est comme ce qui est en Haut. »

Ces différents aspects de l’esprit, les Principes Masculin et Féminin, le « Je » et le « Moi », considérés en liaison avec les phénomènes psychiques et mentaux, bien connus donnent la maîtresse-clef qui permet de pénétrer jusqu’aux régions inconnues et profondément obscures de l’opération et de la manifestation mentale. Le principe du Genre Mental montre la vérité qui se cache dans le vaste champ des phénomènes de l’influence mentale.

Le Principe Féminin tend constamment à recevoir des impressions, tandis que le Principe Masculin tend à les donner et à les exprimer. Le Principe Féminin travaille à engendrer des pensées, des idées nouvelles, il assume le travail de l’imagination. Le Principe Masculin se contente d’assumer le travail de la « Volonté », dans ses diverses phases. Et même, privé de l’aide active de la Volonté du Principe Masculin, le Principe Féminin est apte à engendrer des images mentales qui sont le résultat d’impressions reçues du dehors, au lieu de produire des créations mentales originales.

Les individus qui sont capables d’accorder une attention continue et dépenser constamment à un sujet, emploient les deux Principes mentaux, le Principe Féminin pour le travail d’une génération mentale active et la Volonté Masculine pour stimuler et pour renforcer la portion créative de l’esprit. La grande majorité des individus n’emploient en réalité le Principe Masculin que faiblement ; ils se contentent de vivre conformément aux pensées et aux idées envoyées dans leur « Moi » par le « Je » de l’esprit des autres individus. Mais notre intention n’est pas d’insister longuement sur cette partie du sujet que l’on peut étudier dans n’importe quel bon ouvrage de psychologie, avec la clef que nous avons donnée en ce qui concerne le Genre Mental.

Celui qui étudie les phénomènes psychiques est instruit des merveilleux phénomènes classés sous le nom de Télépsychie, de Transmission de pensée, d’Influence Mentale, de Suggestion, d’Hypnotisme, etc. Un grand nombre de gens ont cherché une explication de ces différentes phases de phénomènes dans les théories des divers professeurs qui préconisent la « dualité de l’esprit ». Ils ont raison dans une certaine mesure, car il y a très nettement dans ces phénomènes une manifestation de deux phases distinctes d’activité mentale. Mais, si ces élèves considéraient cette « dualité de l’esprit » à la lumière des Enseignements hermétiques concernant les Vibrations et le Genre Mental, ils verraient que la clef qu’ils recherchent depuis longtemps se trouve à portée de leur main.

Dans le phénomène de la Télépsychie, on voit comment l’Énergie Vibratoire du Principe Masculin est projetée vers le Principe Féminin d’un autre individu et comment ce dernier s’empare du germe de pensée et lui permet de se développer jusqu’à maturité complète. La Suggestion et l’Hypnotisme opèrent de la même manière. Le Principe Masculin de l’individu qui donne la suggestion dirige un courant d’Énergie Vibratoire ou de Pouvoir de Volonté vers le Principe Féminin de l’autre individu et celui-ci l’accepte, la fait sienne, puis agit et pense en conséquence. Une idée ainsi logée dans l’esprit d’une autre personne croît et se développe et finit par être considérée comme le véritable fils mental de l’individu, tandis qu’en réalité elle est comme l’œuf du coucou placée dans le nid du moineau où il détruit la véritable descendance et fait sa maison du nid de son hôte. La méthode normale consiste à coordonner et à faire agir harmonieusement dans l’esprit de l’individu les principes Masculin et Féminin en liaison étroite l’un avec l’autre. Malheureusement, chez la grande majorité des gens, le Principe Masculin est paresseux, la quantité de Pouvoir de Volonté est trop faible ; il en résulte que ces individus se laissent entièrement mener par les esprits et la volonté des autres personnes à qui ils permettent de penser et de vouloir à leur place. Comment des actes ou des pensées originales peuvent-elles être accomplies par ces individus paresseux ? La plupart des gens n’est-elle pas un écho, une simple ombre de ceux qui ont une volonté et un esprit plus puissants qu’eux ? Le mal est que les personnes paresseuses agissent toujours avec la conscience du « Moi » ; ils ne comprennent pas l’existence d’une chose telle que le « Je ». Elles sont polarisées dans le Principe Féminin de l’Esprit et le Principe Masculin, dans lequel se loge la Volonté, reste inactif et n’est pas employé.

Les hommes et les femmes vraiment puissants utilisent invariablement le Principe Masculin de la Volonté, et c’est à ce fait qu’ils doivent matériellement leur force. Au lieu de vivre sur les impressions créées dans leur esprit par celui des autres, ils dominent leur propre esprit par leur Volonté ce qui leur permet d’obtenir les images mentales qu’ils désirent et même de dominer par le même procédé l’esprit des autres individus. Regardez les gens puissants ; voyez comment ils font pour implanter leurs pensées dans l’esprit des foules, obligeant celles-ci à entretenir des idées conformes là leurs désirs et à leurs volontés. C’est pour cette raison que ces foules se laissent mener comme des troupeaux, ne manifestant jamais une pensée originale et ne se servant même pas de leur propre pouvoir d’activité mentale.

On peut voir le Genre Mental se manifester autour de nous à toute heure de notre vie. Les individus magnétiques sont ceux qui sont capables d’utiliser le Principe Masculin pour imprimer leurs idées chez les autres personnes. L’acteur qui fait pleurer, rire ou crier les spectateurs à volonté, se sert de ce Principe. Il en est de même de l’orateur applaudi, de l’homme d’État, du prédicateur, de l’écrivain ou de tout autre individu susceptible d’attirer l’attention du grand publie. L’influence particulière exercée par certaines personnes sur leur entourage est due à la manifestation du Genre Mental, employé dans la direction Vibratoire, comme nous l’avons déjà dit. Dans ce principe gît le secret du magnétisme, de l’influence personnelle, de la fascination, etc., en même temps que le secret de tous les phénomènes généralement groupés sous le nom d’Hypnotisme.

L’élève qui s’est familiarisé avec les phénomènes usuellement appelés phénomènes « psychiques » aura découvert le rôle important joué dans ces phénomènes par cette force que, la science a appelée la « Suggestion », mot par lequel on veut dire le procédé ou la méthode par laquelle une idée est transférée, imprimée dans l’esprit d’un autre individu, obligeant cet autre esprit à agir conformément à la volonté de celui qui donne la suggestion. Une compréhension correcte de la Suggestion est nécessairement indispensable pour saisir intelligemment les divers phénomènes psychiques qui en découlent. Mais ce qui est encore plus nécessaire pour l’étudiant, c’est une connaissance exacte de la Vibration et du Genre Mental, car, le Principe entier de la Suggestion dépend du principe du Genre Mental et du principe de Vibration.

Les Hypnotiseurs et ceux qui professent la Suggestion ont l’habitude d’expliquer que c’est l’esprit « objectif ou volontaire » qui fait l’impression mentale, la suggestion sur l’esprit « subjectif ou involontaire. » Mais ils ne décrivent pas le processus ou ne nous donnent pas d’exemple bien net de nature à nous faire comprendre clairement cette idée. Si vous étudiez le sujet à la lumière des Enseignements hermétiques, vous serez capable de voir que la stimulation du Principe Féminin par l’Énergie Vibratoire du Principe Masculin est tout à fait conforme aux lois universelles de la nature et que le monde naturel nous montre d’innombrables exemples tendant à bien faire comprendre le Principe. En fait, les Enseignements hermétiques montrent que la création de l’Univers suit la même loi et que, dans toute manifestation créatrice, que ce soit sur les plans physique, spirituel ou mental, c’est toujours le Principe du Genre, c’est-à-dire la manifestation des Principes Masculin et Féminin, qui opère. « Ce qui est en Haut est comme ce qui est en Bas ; ce qui est en Bas est comme ce qui est en Haut ». Mieux encore, une fois que le principe du Genre Mental est parfaitement compris, les divers phénomènes de la Psychologie deviennent de suite susceptibles d’être classés et étudiés intelligemment, au lieu de rester profondément obscurs. Pratiquement, le Principe « travaille activement », parce qu’il est basé sur les lois universelles et immuables de la vie.

Nous ne ferons pas une discussion ni une description détaillée des divers phénomènes de l’influence ou de l’activité mentales. De nombreux ouvrages, dont quelques-uns sont excellents, ont été écrits sur cette question dans ces dernières années. L’élève peut se reporter à ces ouvrages (Se reporter, pour développements, aux deux ouvrages de M. Henri Durville : Cours de Magnétisme personnel et la Science secrète.) ; en utilisant la théorie du Genre Mental, il sera capable de sortir victorieux du chaos de théories et d’enseignements contraires ; il pourra, s’il se sent les dispositions nécessaires, devenir lui-même un maître de la question. Notre but n’est pas de faire un récit détaillé des phénomènes psychiques, mais de donner à l’étudiant une clef qui lui permette d’ouvrir les innombrables portes qui ferment le Temple de la Connaissance qu’il désire explorer.

Nous espérons que, dans cette étude des enseignements du Kybalion, on trouvera les éclaircissements susceptibles de résoudre de, nombreuses difficultés embarrassantes, une maîtresse-clef capable d’ouvrir de nombreuses portes. Tandis qu’il est d’usage d’entrer dans des détails approfondis sur les innombrables phases des phénomènes psychiques et de la science mentale, nous avons préféré placer dans les mains de nos élèves les moyens d’aborder avec succès n’importe quel sujet susceptible de les intéresser. Avec l’aide du Kybalion, tout individu peut entreprendre n’importe quel ouvrage occulte, la vieille Lumière de l’Égypte éclairant de nombreuses pages obscures et de nombreux sujets impénétrables. Tel est le but de cet ouvrage. Nous n’avons pas expliqué une philosophie nouvelle ; nous avons fourni les grandes lignes d’un enseignement mondial, destinées à rendre plus clairs les enseignements des autres philosophies ; elles serviront comme Grand Conciliateur des différentes théories et des doctrines opposées.

 


CHAPITRE XIII – Le Genre

« Il y a un genre en toutes choses ; tout a ses Principes Masculin et Féminin ; le Genre se manifeste sur tous les plans. »

LE KYBALION.

Le Septième grand Principe hermétique, le Principe du Genre, implique la vérité que le Genre se manifeste dans toute chose, que les principes Masculin et Féminin sont toujours présents et actifs dans toutes les phases d’un phénomène, sur n’importe quel plan de vie. A cet endroit, nous croyons utile d’attirer votre attention sur le fait que le Genre dans son sens hermétique et le Sexe dans le sens ordinaire du mot, ne sont nullement la même chose.

Le mot « Genre » dérive d’une racine latine signifiant « engendrer, procréer, faire naître, créer, produire ». Un moment d’attention vous montrera que ce mot a une signification plus large et plus générale que le mot « Sexe, », ce dernier se rapportant aux distinctions physiques existant entre les choses vivantes, mâles et femelles. Le Sexe est simplement une manifestation du genre sur un certain plan du Grand Plan Physique, le plan de la vie organique. Nous voudrions imprimer cette différence dans votre esprit car quelques écrivains, qui ont acquis seulement une connaissance superficielle de la Philosophie hermétique, ont cherché à identifier ce Septième Principe Hermétique, avec les théories et les enseignements étranges, fantaisistes et souvent répréhensibles concernant le Sexe.

Le but du Genre est seulement de créer, de produire, d’engendrer etc., et ses manifestations sont visibles. sur n’importe quel plan de la vie phénoménale. Il y a quelques difficultés à produire des preuves scientifiques à ce sujet parce que la science n’a pas encore reconnu ce Principe comme étant d’une application universelle. Cependant quelques preuves proviennent de sources scientifiques. D’abord nous trouvons une manifestation très nette du Principe du Genre parmi les corpuscules, les ions et les électrons qui constituent la base de la matière ainsi que le reconnaît la. science, et qui, en se combinant d’une certaine manière donnent naissance à l’Atome, lequel, il n’y a pas bien longtemps encore, était considéré comme un et indivisible.

Le dernier mot de la science est que l’atome est composé d’une multitude de corpuscules, d’électrons et d’ions, (ces divers noms étant appliqués par plusieurs auteurs compétents), tournant les uns autour des autres et pourvus de vibrations de très haute intensité. Mais la science ajoute que la formation de l’atome est due en réalité au groupement de corpuscules négatifs autour de corpuscules positifs ; les corpuscules positifs semblent donc exercer une certaine influence sur les corpuscules négatifs, obligeant ceux-ci à exécuter certaines combinaisons et à « créer », à « engendrer » un atome. Cela va de pair avec les Enseignements hermétiques les plus anciens qui ont toujours identifié le principe Masculin du Genre avec le pôle électrique « Positif », et le principe Féminin avec le pôle « Négatif ».

Maintenant, un mot concernant cette identification l’esprit public s’est formé une impression entièrement erronée sur les qualités de ce qu’on appelle pôle « Négatif » de la Matière électrisée ou magnétisée. Les mots Positif et Négatif sont appliqués à ces phénomènes par la science d’une manière tout à fait fausse. Le mot Positif signifie quelque chose de réel et de puissant, comparé à une faiblesse ou à une irréalité Négative. Rien n’est plus éloigné de la réalité en ce qui concerne les phénomènes électriques. Ce qu’on appelle le pôle Négatif de la pile est en réalité le pôle dans lequel et par lequel la génération et la production de nouvelles formes d’énergie se manifeste. Il n’y a rien de « négatif ». Les auteurs scientifiques les plus compétents se servent maintenant du mot « Cathode » au lieu de « Pôle négatif », Cathode venant d’une racine grecque signifiant « descente, voie de génération », etc. De ‘la Cathode sort l’essaim d’électrons et de corpuscules ; du même pôle émergent ces merveilleux « rayons cathodiques » qui ont révolutionné les conceptions scientifiques durant les dix dernières années. La Cathode est la Mère de tous les étranges phénomènes qui ont rendu inutiles les vieux ouvrages de physique et qui ont fait reléguer de nombreuses théories acceptées depuis longtemps dans le domaine de la spéculation scientifique. La Cathode, ou Pôle Négatif, est le Principe Maternel des Phénomènes Électriques et des formes de matière les plus délicates connues de la science jusqu’à ce jour. Vous voyez donc que nous avons raison de refuser d’utiliser le mot « Négatif » pour le sujet qui nous occupe et d’insister pour qu’on substitue à l’ancienne expression le mot « Féminin ». Les faits que nous voyons chaque jour nous conduisent à cette conclusion sans avoir besoin de nous reporter à la Doctrine hermétique. Nous nous servirons donc du mot « Féminin » à la place de « Négatif » en parlant de ce pôle d’activité.

Les derniers, enseignements scientifiques affirment que les corpuscules ou les électrons créatifs sont Féminins ; la science dit « qu’ils sont composés d’électricité négative » ; nous, nous disons qu’ils sont composés d’énergie Féminine. Un corpuscule Féminin se détache ou plus exactement quitte un corpuscule Masculin et entreprend une nouvelle carrière. Il recherche activement une union avec un corpuscule Masculin, étant porté à cela par l’impulsion naturelle de créer des formes nouvelles de Matière et d’Énergie. Un auteur connu va plus loin encore et affirme « qu’il cherche immédiatement cette conjugaison de sa propre volonté » etc. Ce détachement, cette union constituent la base de la plus grande partie des activités du monde chimique. Quand le corpuscule Féminin s’unit au corpuscule Masculin, un certain processus commence. Les particules Féminines se mettent à vibrer sous l’influence de l’énergie Masculine et tournent avec rapidité autour des corpuscules Masculins. Il en résulte la naissance d’un nouvel atome. Ce nouvel atome est donc en réalité composé d’électrons ou corpuscules Masculins et Féminins ; mais quand l’union est accomplie, l’atome est une chose séparée possédant des propriétés spéciales et ne manifestant plus les propriétés de l’électricité libre. Le processus du détachement ou de la séparation des électrons Féminins s’appelle « ionisation ». Ces électrons ou corpuscules sont les travailleurs les plus actifs du grand champ de la nature. De leur union et de leurs combinaisons. sortent les divers phénomènes de lumière, de chaleur, d’électricité, de magnétisme, d’attraction, de répulsion, d’affinité chimique, de non-affinité chimique, et tous les autres phénomènes de même nature. Cela est dû à l’opération du Principe du Genre sur le plan de l’Énergie.

Le rôle du principe Masculin semble être de diriger vers le principe Féminin une certaine énergie inhérente, et de mettre ainsi en activité le processus créatif. Mais le principe Féminin est toujours celui qui accomplit le travail actif créateur ; il en est ainsi sur tous les plans. Et cependant l’un ou l’autre principe isolé est incapable de créer sans l’assistance de l’autre. Dans quelques formes de vie, les deux principes sont combinés dans un même organisme. Tout, dans le monde organique manifeste les deux genres ; la forme Masculine est toujours présente dans la forme Féminine, et vice-versa. La Doctrine hermétique insiste beaucoup sur l’opération des deux principes du Genre dans la production et dans la manifestation des différentes formes d’énergie, mais nous ne croyons pas utile d’entrer dans beaucoup de détails à ce sujet, parce que nous sommes incapables de confirmer ces vérités à l’aide de preuves scientifiques, pour cette raison que la science n’a pas encore approfondi suffisamment la question. Mais l’exemple que nous avons donné de l’activité des électrons et des corpuscules vous montrera que la science est sur la bonne voie et vous donnera aussi une idée générale des premiers principes.

Quelques éminents investigateurs scientifiques ont annoncé qu’ils croyaient que dans la formation du cristal, on devait trouver quelque chose correspondant à « l’activité sexuelle » ; ce nouveau fait montre bien dans quelle direction soufflent les vents de la science. Chaque année apportera de nouveaux faits qui viendront prouver l’exactitude du Principe hermétique du Genre. On s’apercevra que le Genre opère et se manifeste constamment dans le champ de la matière inorganique et dans le champ de l’énergie et de la force. L’Électricité est généralement considérée aujourd’hui comme le « quelque chose » dans lequel toutes les autres formes d’énergie semblent se fondre et se dissoudre. La « Théorie Électrique de l’Univers » est la doctrine scientifique la plus moderne ; elle devient de plus en plus populaire et ceux qui l’acceptent deviennent de plus en plus nombreux. Il résulte de ce que nous avons dit que, si nous sommes capables de découvrir dans les phénomènes électriques, même à la source de leurs manifestations, l’évidence claire et nette de la présence du Genre et de son activité, nous avons raison de vous demander de croire que la science finira par découvrir les preuves de l’existence, dans tous les phénomènes universels, de ce grand Principe hermétique, le Principe du Genre.

Il n’est pas utile de vous importuner avec les phénomènes si connu de « l’attraction et de la répulsion » des atomes, de l’affinité chimique, des « amours et des haines » des particules atomiques, de l’attraction et de la cohésion entre les molécules de matière. Ces faits sont trop connus pour nécessiter de notre part des commentaires étendus. Mais vous êtes-vous jamais douté que tous ces faits étaient des manifestations du Principe du Genre ? Avez-vous jamais pensé que ces phénomènes étaient symétriques aux phénomènes des électrons et des corpuscules ? Vous avez sans doute souvent constaté la modération de la Doctrine hermétique, cependant elle affirme que même la Loi de la Gravitation, cette étrange attraction par laquelle toutes les particules et tous les corps de matière tendent dans l’univers les uns vers les autres, est aussi une manifestation du Principe du Genre ; dans ce cas, il opère en attirant les énergies Masculines vers les énergies Féminines et vice-versa. Nous ne pouvons actuellement vous donner des preuves scientifiques de ce fait ; mais examinez les phénomènes dans la lumière que la Doctrine hermétique répand sur le sujet, et voyez si vous n’avez pas une hypothèse incomparablement meilleure que n’importe quelle autre, fournie par la science physique. Essayez pour tous les phénomènes matériels et vous verrez le Principe du Genre toujours en évidence.

Passons maintenant à l’étude de l’opération de ce Principe sur le Plan Mental. De nombreux faits intéressants attendent d’être étudiés.

 


CHAPITRE XII – La Causalité

« Toute Cause a son effet ; tout effet a sa cause ; tout arrive conformément à la Loi ; la Chance n’est qu’un nom donné à la Loi méconnue ; il y a de nombreux plans de causation, mais rien n’échappe à la Loi.

LE KYBALION.

Le Sixième Grand Principe hermétique, le Principe de la Cause et de l’Effet, implique la vérité que la Loi régit tout l’Univers, que rien n’arrive au hasard, que le Hasard n’est qu’un mot pour désigner une cause existante non reconnue et non comprise, que tout phénomène est continu, sans aucune exception.

Le Principe de la Cause et de l’Effet se retrouve sous n’importe quelle pensée scientifique, ancienne et moderne ; il a été formulé par les Professeurs Hermétiques, dès les premiers jours. S’il y a eu des discussions nombreuses et variées entre les différentes écoles de la pensée, elles ont toujours eu principalement pour sujet les détails de l’opération du Principe et plus souvent encore elles n’ont été que des discussions de mots. Le Principe sous-jacent de la Cause et de l’Effet a été considéré comme pratiquement exact par tous les penseurs dignes de ce nom. Penser autrement serait éliminer les phénomènes de l’univers du domaine de la Loi et de l’Ordre, et les reléguer au contrôle de cette chose imaginaire que les hommes appellent le « Hasard ».

Un peu d’attention montrera à chacun qu’en réalité un pur Hasard n’existe pas. Webster le définit comme suit : « Un agent supposé ou un mode d’activité autre qu’une force, qu’une loi ou qu’un objet ; l’opération ou l’activité d’un tel agent ; son effet supposé ; un fait ; une chose fortuite ; un accident », etc. Mais un peu de réflexion vous montrera qu’il ne peut exister un agent tel que le « Hasard », dans le sens de quelque chose d’extérieur à la Loi, de quelque chose d’extérieur à la Cause et à l’Effet. Comment pourrait-il exister une chose, agissant dans l’univers phénoménal et indépendante de ses lois, dépourvue d’ordre et de continuité ? Une telle chose serait entièrement indépendante de la direction ordonnée de l’univers et par conséquent elle lui serait supérieure. Nous ne pouvons pas nous imaginer une chose située hors Du Tout qui serait extérieure à la Loi et cela simplement parce que Le Tout est la Loi en elle-même. Il n’existe pas dans l’univers un endroit où puisse se loger une chose extérieure et indépendante de la Loi. Son existence rendrait in-effectives toutes les Lois Naturelles et plongerait l’univers dans une illégalité et un désordre chaotiques.

Un examen attentif montrera que ce que nous appelons « Hasard » est simplement un mot destiné à exprimer des causes obscures, des causes que nous ne pouvons percevoir, des causes que nous ne pouvons comprendre. Le mot Hasard dérive d’un mot signifiant « tombé » ; dans le sens de la chute d’un dé par exemple ; l’idée de la chute du dé et beaucoup d’autres faits semblables à attribuer à une cause quelconque. C’est le sens dans lequel le mot est généralement employé. Mais quand on étudie soigneusement la question, on voit que dans la chute du dé, il n’y a nul hasard. Toutes les fois qu’un dé tombe et amène un certain nombre, il obéit à une loi aussi infaillible que celle qui gouverne la révolution des planètes autour du soleil. Derrière la chute du dé, il existe des causes, tout un assemblage de causes qui s’étendent bien plus loin que l’esprit ne peut les suivre. La position du dé dans le cornet, la quantité d’énergie musculaire dépensée pour le renverser, la nature de la table, etc., etc., sont toutes des causes dont l’effet peut être constaté. Mais derrière ces causes visibles il y a des chaînes de causes invisibles dont chacune exerce une influence sur le nombre qu’amènera le dé dans sa chute.

Si un dé est jeté un grand nombre de fois de suite, on s’apercevra que les nombres amenés seront à peu près égaux, c’est-à-dire qu’il y aura un nombre sensiblement égal de 1, de 2, de 3, etc. Lancez en l’air une pièce de deux sous ; il peut y avoir soit « pile » soit « face » ; mais recommencez la même opération un nombre suffisant de fois ; vous vous rendrez compte qu’approximativement, il est arrivé autant de fois « pile » que « face ». C’est ainsi qu’opère la Loi de la Moyenne. La simple chiquenaude destinée à lancer la pièce de deux sous en l’air tombe sous le coup de la Loi de la Cause et de l’Effet ; si nous étions capables de pénétrer les causes invisibles, nous verrions clairement qu’il était matériellement impossible au dé de tomber d’une manière différente qu’il ne l’a fait, les circonstances et le moment étant les mêmes, naturellement. Les mêmes causes étant données, les mêmes résultats devront nécessairement suivre. Tout événement a sa « cause », son « pourquoi ». Rien n’arrive jamais sans une cause ou mieux sans une succession de causes.

Quelque confusion est née dans l’esprit des personnes qui ont étudié ce Principe, parce qu’elles étaient incapables d’expliquer comment une chose pouvait être cause d’une autre, c’est-à-dire pouvait être créatrice de la seconde chose. En réalité, jamais une « chose » ne cause ou ne « crée » une autre « chose ». La Cause et l’Effet intéressent simplement les « événements ». Un « événement » est « ce qui vient, ce qui arrive, ce qui se produit, comme résultat ou comme conséquence de quelque événement précèdent. Un « événement » ne crée pas un autre événement ; il en constitue un maillon dans la grande chaîne ordonnée des événements sortie de l’énergie créative Du Tout. Il y a une continuité entre tous les événements précédents, conséquents et subséquents. Il existe toujours un rapport entre tout événement qui s’est produit il y a quelques instants et un événement qui le suit, Une pierre se détache du sommet d’une montagne et vient traverser le toit d’une cabane située dans la vallée au-dessous. A première vue, nous sommes tentés de considérer cela comme un effet du hasard ; mais quand nous examinons plus en détail le cas, nous nous rendons compte qu’il y a une grande suite de causes derrière cet événement. D’abord, il y a la pluie qui a détrempé le terrain qui supportait la pierre et qui a permis à celle-ci de tomber ; derrière la pluie, il y a l’influence du soleil, d’autres pluies, etc., qui ont désagrégé graduellement le rocher et en ont séparé ce morceau de pierre ; par derrière encore, il y a les causes qui ont conduit à la formation de la montagne, son émergement du sol grâce aux convulsions de la nature et ainsi de suite à l’infini. Ainsi, nous pourrions chercher les causes qui ont produit la pluie ; nous pourrions étudier les causes de l’existence de la toiture de la petite cabane. En un mot, nous finirions par être mêlés à tout un imbroglio de causes et d’effets dont nous ne demanderions qu’à sortir.

De même qu’un homme a deux parents, quatre grands parents, huit grands-grands-parents, seize grands-grands-grands-parents et ainsi de suite jusqu’à ce que le calcul de quarante générations amène le nombre des ancêtres à plusieurs millions, de même le nombre de causes qui se, trouvent derrière l’événement ou le phénomène le plus minime, par exemple le passage d’un petit morceau de suie devant votre œil, devient excessivement élevé. Ce n’est pas une tâche aisée de tracer l’histoire de ce morceau de suie depuis les jours primitifs de l’histoire du monde où il formait une partie d’un tronc d’arbre massif qui fut plus tard converti en charbon, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il soit devenu le morceau de suie qui passe devant vos yeux destiné à d’autres aventures innombrables. Une longue suite d’événements de causes et d’effets l’a conduit à sa condition présente ; le dernier événement n’est qu’un maillon de la chaîne des événements qui produiront encore d’autres événements dans des centaines d’années. Quelques faits causés par ce simple morceau de suie sont l’écriture de ces lignes qui a obligé le typographe et le correcteur des épreuves à accomplir un certain travail, et qui éveillera certaines pensées dans votre esprit et dans celui des autres, lequel à son tour en influencera d’autres et ainsi de suite, tout cela à cause du passage d’un infime morceau de suie. Ce que nous venons de dire montre bien la relativité et l’association des choses et ce fait plus profond « qu’il n’y a ni grandes ni petites choses dans l’Esprit qui a tout créé. »

Arrêtez-vous et réfléchissez un instant. Si un certain homme n’avait pas rencontré une certaine femme dans la période obscure de l’Age de Pierre, vous qui lisez ces lignes, vous ne seriez pas ici en ce moment.

Et si le même couple ne s’était pas rencontré, peut-être nous, qui écrivons ces lignes, ne serions-nous pas ici. L’acte d’écrire, de notre part, et l’acte de lire, de la vôtre, influenceront non seulement les vies respectives de chacun de nous, mais pourront avoir une influence directe ou indirecte sur un grand nombre d’individus actuellement vivants ou qui vivront dans les âges à venir. Toute pensée que nous avons, tout acte que nous accomplissons, a ses résultats directs et indirects qui tiennent leur place dans la grande chaîne de la Cause et de l’Effet.

Dans cet ouvrage, pour diverses raisons, nous ne voulons pas parler longuement du Libre Arbitre et du Déterminisme. Parmi ces nombreuses raisons une des principales est qu’aucun côté de la controverse n’est entièrement exact ; en fait les deux théories sont partiellement vraies si l’on s’en rapporte aux Enseignements hermétiques. Le Principe de Polarité montre que toutes deux ne sont que des demi-Vérités, les pôles opposés de la Vérité. La Doctrine enseigne qu’un homme peut être à la fois Libre ou Lié par une nécessité quelconque ; tout dépend du sens des mots et de la hauteur de la Vérité d’où la question est examinée. Les anciens écrivains examinaient le sujet comme il suit : « Plus la création est éloignée du Centre, plus elle est déterminée ; plus elle se rapproche du Centre plus elle est près de la Liberté. »

La grande majorité des gens est plus ou moins esclave de l’hérédité, de l’entourage, etc., et ne possède la Liberté que dans une faible mesure. Les individus sont maniés par les opinions, les habitudes et les pensées du monde extérieur et aussi par leurs émotions, leurs sentiments et leurs états d’esprit, etc. Ils ne manifestent rien qui soit digne du nom de Maîtrise. Ils repoussent d’ailleurs avec indignation cette affirmation, disant : « Certainement je suis libre d’agir et de faire comme il me plaît ; je fais toujours ce que je veux » ; mais ils oublient d’expliquer d’où surgissent leurs « comme il plaît » et leurs « ce que je veux ». Qu’est-ce qui leur fait « préférer » une chose à une autre ? Qu’est-ce qui les fait « vouloir » ceci et non pas cela ? N’y a-t-il pas un « pourquoi » à leur « bon plaisir » et à leur « volonté » ? Le Maître peut changer ses « bons plaisirs » et ses « volontés » en d’autres sentiments situés à l’extrémité opposée du pôle mental. Il est capable de « vouloir vouloir », au lieu de vouloir parce qu’un sentiment quelconque, un état d’esprit, une émotion, ou une suggestion environnante éveille en lui un désir ou une tendance à agir ainsi.

La grande majorité des gens se laissent conduire comme la pierre qui roule sur la montagne, obéissant à leur entourage, aux influences extérieures et à leurs états d’esprit intimes, à leurs désirs, etc., pour ne pas parler des désirs et des volontés des individus plus forts qu’eux-mêmes, de l’hérédité, de la suggestion qu’ils rencontrent à chaque pas, les menant sans la moindre résistance et sans la moindre opposition de Volonté. Mus comme des pions sur l’échiquier de la vie, ils jouent leur rôle et sont mis de côté quand la partie est finie. Mais les Maîtres, connaissant les règles du jeu, s’élèvent au-dessus du plan de vie matériel et se mettant en contact avec les pouvoirs supérieurs de la nature, ils dominent leurs propres inclinations, leur caractère, leurs qualités et leurs défauts, leur polarité, aussi bien que tout ce qui les entoure, ils deviennent ainsi les joueurs dans la grande partie au lieu d’être les pions ; ils sont les Causes au lieu d’être les Effets. Les Maîtres n’échappent pas à la Causalité des plans supérieurs, mais ils s’assimilent leurs lois ; ainsi, ils dominent les circonstances sur les plans inférieurs. Ils forment une partie consciente de la Loi, au lieu d’en être des instruments inconscients. Pendant qu’ils Servent sur le Plan Supérieur, ils sont Maîtres sur le Plan Matériel.

Qu’il s’agisse des plans supérieurs ou des plans inférieurs, la Loi est constamment en action. Le Hasard n’existe pas. La déesse aveugle est abolie par la Raison. Nous sommes capables, maintenant, de voir avec des yeux rendus clairvoyants par le savoir, que tout est gouverné par LA LOI Universelle, que la quantité innombrable de lois n’est qu’une manifestation de la Seule Grande Loi, de la Loi qui est Le Tout. C’est une vérité que pas un moineau n’existe insoupçonné de l’Esprit Du Tout, que même les cheveux qui se trouvent sur notre tête sont comptés exactement, comme l’ont dit les écritures. Rien n’existe en dehors de la Loi, rien n’arrive en opposition avec elle. Surtout ne commettez pas l’erreur de supposer que l’Homme n’est qu’un automate aveugle ; loin de là. Les Enseignements hermétiques nous disent que l’homme peut se servir de la Loi pour maîtriser les lois et que la volonté supérieure prévaut toujours contre la volonté inférieure jusqu’au moment où elle atteint l’état par lequel elle cherche refuge dans la Loi elle-même et par lequel elle oblige les lois phénoménales à s’incliner. Saisissez-vous bien la signification intime de tout cela ?

 


CHAPITRE XI – Le Rythme

« Tout s’écoule, au dedans et au dehors ; toute chose a sa durée ; tout évolue puis dégénère ; le balancement du pendule se manifeste dans tout ; la mesure de son oscillation à droite est semblable à la mesure de son oscillation à gauche ; le rythme est constant. »

LE KYBALION.

Le cinquième grand Principe hermétique, le Principe du Rythme, implique la vérité que dans tout se manifeste un mouvement mesuré, un mouvement d’allée et venue, un flux et un reflux, un balancement en avant et en arrière, un mouvement semblable à celui d’un pendule, un phénomène comparable à celui de la marée entre les deux pôles qui existent sur les plans physique, mental et spirituel. Le Principe du Rythme se relie étroitement au Principe de Polarité que nous avons décrit dans le précédent chapitre. Le Rythme se manifeste entre les deux pôles dont le Principe de Polarité a montré l’existence. Cela ne peut pas dire cependant que le pendule du Rythme oseille jusqu’à l’extrémité des pôles ; cela n’arrive que très rarement ; en fait il est difficile dans la majorité des cas d’établir la place des pôles Extrêmes. Mais l’oscillation se fait toujours d’abord « vers » un pôle et ensuite vers l’autre.

Il y a toujours une action et une réaction, une avance et une retraite, une élévation et un abaissement dans tous les phénomènes de l’univers. Ce Principe se manifeste partout, dans les soleils, les mondes, les hommes, les animaux, les plantes, les minéraux, les forces, l’énergie, l’âme, la matière et même dans l’Esprit. Il se manifeste dans la création et dans la destruction des mondes, dans la grandeur et la chute des nations, dans l’histoire de la vie de toutes choses et enfin dans les états mentaux de l’Homme.

Commençons par les manifestations de l’Esprit Du Tout ; on notera qu’il y a toujours l’Effusion et l’Infusion, « l’Aspiration et l’Inspiration de Brahmâ » comme disent les Brahmines. Les Univers sont créés ; une fois atteint leur point extrême inférieur de matérialité, ils commencent leur oscillation vers le haut. Les soleils sont formés, ils atteignent leur maximum de pouvoir puis le processus de régression commence et au bout de plusieurs milliers de siècles ils deviennent des masses inertes de matière, attendant une nouvelle impulsion qui remette en activité leur énergie intérieure et qui sera le début d’un nouveau cycle de vie solaire. Il en est ainsi pour tous les mondes ; ils sont nés, ils ont vécu et ils sont morts ; quand ils revivent ils ne font que renaître. Il en est de même de toutes les choses qui ont une forme quelconque ; elles oscillent de l’action à la réaction, de la naissance à la mort, de l’activité à l’inactivité, puis elles recommencent. Il en est ainsi de toutes les choses vivantes, elles naissent, grandissent, meurent, puis renaissent. Il en est ainsi de tous les grands mouvements des philosophies, des croyances, des habitudes, des gouvernements, des nations : naissance, croissance, maturité, décadence, mort puis renaissance. L’oscillation du pendule est toujours évidente.

La nuit succède au jour ; le jour succède à la nuit. Le pendule oscille de L’Été à l’Hiver puis de l’Hiver à L’Été. Les corpuscules, les atomes, les molécules et les masses de matière quelles qu’elles soient, oscillent dans le cercle de leur nature. Un repos absolu n’existe pas, pas plus qu’un arrêt complet de tout mouvement ; or tous les mouvements sont soumis au Rythme. Le principe est d’une application universelle. Il peut s’adapter à toute question, à tout phénomène faisant partie d’un des nombreux plans de vie. Il peut s’appliquer à n’importe quelle phase de l’activité humaine. L’oscillation Rythmique se fait toujours d’un pôle à l’autre. Le Pendule Universel est toujours en mouvement. La Marée de la Vie monte et descend, conformément à la Loi.

La science moderne comprend bien le Principe du Rythme ; appliqué aux choses matérielles elle le considère comme une loi universelle. Mais les hermétistes l’étendent beaucoup plus loin ; ils savent que ses manifestations et son influence exercent une action sur l’activité mentale de l’Homme ; ils savent qu’il faut compter avec lui dans la succession éperdue des états d’esprit, des sentiments et des autres changements curieux et surprenants que nous remarquons en nous-mêmes. Mais les hermétistes, en étudiant les effets de ce Principe ont appris en même temps la manière d’éviter par la Transmutation quelques-unes de ses activités.

Les Maîtres ont découvert depuis bien longtemps que si le principe du Rythme était invariable et toujours évident dans les phénomènes mentaux, il avait cependant deux plans de manifestation en ce qui concerne les phénomènes. Ils ont découvert qu’il y avait deux plans généraux de Conscience, le plan Inférieur et le plan Supérieur ; la compréhension de ce fait leur a permis d’atteindre le plan supérieur et d’échapper ainsi à l’oscillation du pendule Rythmique qui se manifestait sur le plan inférieur. En d’autres termes, l’oscillation du pendule se produisait sur le Plan Inconscient et le plan Conscient n’était pas affecté. Ils appellent cette loi la Loi de Neutralisation. Elle consiste dans l’élévation du Moi au-dessus des vibrations du Plan Inconscient de l’activité mentale, afin que le battement négatif du pendule ne se manifeste pas consciemment et que le Plan Conscient ne soit pas affecté.

S’élever au-dessus d’une chose ou la laisser passer devant soi revient au même. Le Maître hermétique ou l’élève avancé se polarise lui-même au pôle désiré et, comme s’il « refusait » de participer à l’oscillation de retour ou, si vous préférez, comme s’il « niait » son influence sur lui, il se maintient ferme dans sa position polarisée et oblige le pendule mental à exécuter son oscillation de retour dans le plan inconscient. Tous les individus qui ont atteint un certain degré de maîtrise personnelle agissent plus ou moins inconsciemment et, en ne se laissant pas affecter par leurs états mentaux négatifs et par l’état de leurs esprits, ils appliquent la Loi de Neutralisation. Cependant, le Maître profite de cette loi à un degré bien plus élevé encore ; par l’emploi de sa Volonté il atteint une Fermeté Mentale presque incroyable de la part de ceux qui se laissent balancer, tirer en avant puis en arrière par le pendule mental des sentiments.

L’importance de ce que nous venons de dire sera appréciée de toute personne pensante qui comprend ce que sont les états d’esprit, les sentiments et les émotions de la grande majorité des gens qui nous entourent et voit combien peu sont maîtres d’eux-mêmes. Si vous vous arrêtez et que vous vouliez réfléchir un instant, vous comprendrez à quel point ces oscillations Rythmiques vous ont affecté pendant votre vie, comment toute période d’Enthousiasme a été suivie d’un sentiment opposé, d’un état de Dépression profonde. De même vos moments de Courage ont été suivis de moments égaux de Crainte. Il en a toujours été ainsi de la grande majorité des individus ; ils se sont constamment laissés envahir par les hauts et les bas de leurs sentiments mais ils n’ont jamais soupçonné la cause ou la raison de ce phénomène mental, Celui qui aura parfaitement compris les agissements de ce Principe aura acquis la clef de la Maîtrise de ces oscillations rythmiques des sentiments ; celle-ci lui permettra de mieux se connaître lui-même et lui épargnera d’être tiraillé par ces flux et ces reflux successifs. La Volonté est supérieure à la manifestation consciente de ce Principe, bien que le Principe lui-même soit indestructible. Nous pouvons échapper à ses effets, mais le Principe n’en exerce pas moins son action pour cela. Le pendule ne cesse pas un instant ses oscillations ; nous pouvons seulement éviter d’être emporté avec lui.

Il existe d’autres détails sur la manière d’opérer du Principe du Rythme dont nous désirons parler en cet endroit. Il se mêle à ses opérations une loi qui est connue sous le nom de Loi de Compensation. Une des nombreuses significations du mot « Compenser » est « Contre-balancer », qui est le sens dans lequel les Hermétistes l’emploient. C’est à cette Loi de Compensation que le Kybalion fait allusion quand il dit : « La mesure de l’oscillation à droite est semblable à la mesure de l’oscillation à gauche ; le rythme est constant. »

La Loi de Compensation nous explique que l’oscillation dans une direction détermine l’oscillation dans la direction opposée ou vers le pôle opposé ; l’une balance, ou mieux, contre-balance l’autre. Nous voyons de nombreux exemples de cette Loi sur le Plan Physique. Le pendule de l’horloge parcourt une certaine distance à droite, puis il parcourt une égale distance à gauche. Les saisons se contrebalancent l’une l’autre de la même manière. Les marées suivent la même loi. C’est encore la même Loi qui se manifeste dans tous les phénomènes du Rythme. Si le pendule n’a qu’une faible oscillation dans une direction, il n’aura qu’une oscillation faible dans la direction opposée ; au contraire, une longue oscillation à droite signifie invariablement une longue oscillation à gauche. Un objet projeté à une certaine hauteur a une distance égale à parcourir à son retour. La force avec laquelle un projectile est envoyé à une hauteur d’un kilomètre est reproduite exactement quand ce projectile retombe sur la terre. Cette Loi est constante sur le Plan Physique comme vous vous en rendrez compte si vous vous reportez aux auteurs les plus compétents.

Mais les Hermétistes vont beaucoup plus loin. Ils enseignent que tout état mental humain est également sujet à cette Loi. L’homme qui s’amuse profondément, est sujet à souffrir profondément ; de même celui qui ne ressent qu’une peine légère est incapable de percevoir une grande joie. Le porc souffre peu mentalement mais il n’a que peu de satisfaction mentales ; il est compensé. D’autre part il existe d’autres animaux qui sont profondément heureux, mais dont l’organisme et le tempérament nerveux sont l’occasion de très grandes souffrances. Il en est de même en ce qui concerne l’Homme. Il y a des tempéraments qui ressentent seulement de faibles degrés de plaisir mais en même temps de faibles degrés de souffrance ; il en est d’autres, au contraire, qui sont susceptibles de percevoir les joies les plus intenses mais en même temps les plus vives douleurs. La règle est que, dans chaque individu, les capacités pour le plaisir et la peine sont balancées. La Loi de Compensation agit donc pleinement ici.

Les Hermétistes vont encore bien plus loin. Ils enseignent que tout individu avant d’être capable de ressentir un degré quelconque de plaisir, doit avoir oscillé d’une quantité proportionnelle vers le pôle opposé de ce sentiment. Ils affirment que le Négatif précède le Positif à ce sujet, c’est-à-dire qu’un individu, s’il éprouve un certain degré de plaisir, n’est nullement obligé de « le rembourser » avec un degré correspondant de souffrance ; au contraire suivant la loi de Compensation, le plaisir est l’oscillation Rythmique succédant à une souffrance subie soit dans la vie présente, soit dans une incarnation antérieure. Cela jette une nouvelle Lumière sur les Problème de la Souffrance.

Les Hermétistes considèrent que les vies successives forment une chaîne ininterrompue et que la vie actuelle d’un individu n’en est qu’un chaînon ; c’est ainsi que l’oscillation rythmique est comprise ; elle n’aurait aucune signification si la vérité de la réincarnation n’était pas admise.

Les Hermétistes affirment que le Maître ou l’élève avancé est capable, à un degré considérable, d’éviter l’oscillation vers la Souffrance, grâce au procédé de Neutralisation, dont nous avons parlé plus haut. En s’élevant sur le plan supérieur du Moi, bien des choses qui arrivent à ceux qui habitent sur le plan inférieur peuvent être évitées.

La Loi de Compensation joue un rôle important dans la vie des hommes et des femmes. On remarquera qu’un individu « paye » généralement tout ce qu’il possède ou tout ce qu’il acquiert. S’il possède une chose, une autre lui fait défaut ; la balance est en équilibre. Personne ne peut en même temps « conserver son argent et avoir son morceau de gâteau. » Tout a son bon et son mauvais côté. Les choses qu’un individu gagne sont toujours payées par les choses qu’un individu perd. Le riche possède beaucoup de choses qui manquent au pauvre, mais le pauvre possède souvent des choses que le riche ne peut avoir. Le millionnaire peut avoir un faible pour les festins et la fortune nécessaire pour se payer le luxe et apporter les mets délicats sur sa table, mais il peut lui manquer l’appétit pour les goûter avec délices ; il peut envier l’appétit et la bonne digestion du laboureur qui n’a pas la fortune ni les goûts du millionnaire et qui se trouve plus heureux de sa nourriture simple que ne le serait le millionnaire même si son appétit n’était pas usé, ni sa digestion fatiguée ; les coutumes, les habitudes et les inclinations diffèrent. Il en est ainsi dans la vie. La Loi de Compensation est toujours en action, cherchant à balancer et à contre-balancer et atteignant toujours son but, même si plusieurs vies sont nécessaires pour que le Pendule du Rythme exécute son oscillation de retour.

 


CHAPITRE X – La Polarité

« Tout est Double ; toute chose possède des pôles ; tout a deux extrêmes ; semblable et dissemblable ont la même signification ; les Pôles opposés ont une nature identique mais des degrés différents ; les extrêmes se touchent ; toutes les vérités ne sont pas des demi vérités ; tous les paradoxes peuvent être conciliés. »

LE KYBALION.

Le Quatrième Grand Principe Hermétique, le Principe de Polarité, implique cette vérité que toutes les choses qui se manifestent ont « deux côtés », « deux aspects », « deux pôles », « deux extrêmes », avec un nombre considérable de degrés qui les séparent. Les vieux paradoxes qui ont toujours rendu perplexe l’esprit des hommes, s’expliquent si l’on comprend bien ce Principe. L’homme a toujours eu connaissance de quelque chose se rapprochant de ce Principe et il s’est efforcé de l’exprimer par des dictons, des maximes et des aphorismes comme les suivants : « Tout est et n’est pas en même temps », « toutes les vérités ne sont que des demi-vérités », « toute vérité est à moitié fausse », « il y a deux côtés à toute chose », « toute médaille a son revers », etc., etc.

Les Enseignements hermétiques affirment que la différence qui existe entre deux choses qui paraissent diamétralement opposées n’est qu’une différence de degré. Ils enseignent que « deux extrêmes peuvent se concilier », que « la thèse et l’antithèse sont identiques en nature, mais différentes en degrés », et que « la réconciliation universelle des pôles opposés » peut s’effectuer grâce à la connaissance du Principe de Polarité. Les maîtres estiment que des exemples de la manifestation de ce principe peuvent résulter d’un examen de la nature réelle de toute chose. Ils commencent par montrer que l’Esprit et la Matière ne sont que deux pôles de la même chose, et que les plans intermédiaires ne sont que des degrés de vibration. Ils montrent que Le Tout et Quelques-uns sont une seule et même chose et qu’il existe seulement une simple différence dans le degré de la Manifestation Mentale. Ainsi La Loi et les Lois sont les deux pôles opposés d’une même chose. Il en est de même du Principe et des Principes, de l’Esprit Infini et des esprits finis.

Puis, passant au Plan Physique, ils démontrent le Principe et prouvant que le Chaud et le Froid sont de nature identique, la seule différence étant une différence de degrés. Le thermomètre montre des degrés différents de température, le pôle inférieur s’appelant le « froid » et le supérieur le « chaud ». Entre ces deux pôles il y a de nombreux degrés de « chaud » et de « froid » ; vous pouvez leur donner l’un ou l’autre nom sans vous départir de la vérité. Dans deux degrés, le supérieur est toujours « plus chaud » que l’inférieur qui est toujours « plus froid ». Il n’y a pas de démarcation absolue ; il n’y a qu’une différence de degrés. Il n’y a pas d’endroit sur le thermomètre ou le chaud finit et ou le froid commence. Il n’y a que des vibrations supérieures et inférieures. Les termes « haut » et « bas », eux-mêmes, que nous sommes obligés d’employer ne sont que les pôles d’une même chose ; les mots sont relatifs. Il en est de même avec « est et ouest » ; faites le tour du monde dans la direction de l’est et vous atteindrez un point qui est l’ouest par rapport à votre point de départ. Allez dans la direction du Nord et il arrivera un moment où vous irez dans la direction du Sud ou vice-versa.

Lumière et Obscurité sont deux pôles d’une même chose entre lesquels il y a de nombreux degrés. Il en est de même pour l’échelle musicale ; partant de « Do » si vous montez la gamme, vous obtiendrez un autre « Do » et ainsi de suite ; la différence entre deux, « Do » consécutifs est toujours la même et comporte constamment le même nombre de degrés. Il en est encore de même de l’échelle des couleurs ; des vibrations supérieures et inférieures constituent la seule différence entre l’ultraviolet et l’infrarouge. Les mots Long et Court sont relatifs. De même pour Calme et Bruyant, Facile et Difficile. Tranchant et Émoussé, suivent la même loi. Positif et Négatif sont les deux pôles d’une même chose séparés par d’innombrables degrés.

Bon et Mauvais ou Bien et Mal suivant les termes employés, ne sont pas absolus ; nous appelons une extrémité de l’échelle Bon et l’autre extrémité Mauvais. Une chose est « moins bonne » que la chose qui lui est immédiatement supérieure dans l’échelle ; par contre cette chose « moins bonne » est « meilleure » que celle qui lui est immédiatement inférieure, et ainsi de suite, le « plus ou moins » étant réglé par la position sur l’échelle.

Il en est absolument de même sur le Plan Mental. L’Amour et la Haine sont généralement considérés comme des sentiments diamétralement opposés, entièrement différents, inconciliables. Mais si nous appliquons le Principe de Polarité, nous nous rendons compte qu’un Amour Absolu ou une Haine Absolue, n’existent pas ; ces deux sentiments ne sont pas nettement séparés par une ligne de démarcation. Ils ne sont que des mots appliqués aux deux pôles de la même chose. Si nous commençons à un point quelconque de l’échelle et que nous la montions, nous trouvons û plus d’amour » ou « moins de haine » ; si nous la descendons nous trouvons « plus de haine » ou « moins d’amour » ; cela est vrai quelque soit le point d’où nous partions. Il y a des degrés d’Amour et de Haine et il arrive un moment ou l’un et l’autre sont si faibles qu’il est difficile de les distinguer. Le Courage et la Peur suivent la même règle. Partout il y a deux Extrêmes. Où vous trouvez une chose vous trouvez son opposé : ce sont les deux pôles.

C’est ce fait qui permet aux hermétistes de transmuter un état mental en un autre, grâce à la Polarisation. Les choses qui appartiennent à des classes différentes ne peuvent pas être changées les unes en les autres, mais celles d’une même classe peuvent l’être, c’est-à-dire que leur polarité peut être modifiée. Ainsi l’Amour ne devient jamais l’Est ou l’Ouest, ni le Rouge ou le Violet, mais il peut se transformer et se transforme souvent en Haine ; de même, d’ailleurs, la Haine peut se transformer en Amour, grâce à un changement de Polarité. Le Courage peut se transformer en Peur et vice-versa. Les choses difficiles peuvent être rendues faciles. Les choses émoussées peuvent être rendues tranchantes. Les choses Chaudes peuvent devenir Froides. Et ainsi de suite, la transmutation s’accomplissant constamment entre choses de la même classe mais possédant des degrés différents. Prenez le cas d’un homme Craintif. En élevant ses vibrations mentales sur l’échelle Crainte-Courage, il peut acquérir un degré supérieur de Courage et d’Intrépidité. De même l’individu mou, inerte, peut se changer en un homme Actif, Énergique, simplement en se polarisant suivant la qualité désirée.

L’élève qui est si familier avec les différents procédés que les nombreuses écoles de la Science Mentale emploient pour modifier les états mentaux de ceux qui suivent leurs enseignements, peut très bien ne pas comprendre parfaitement le Principe de tous ces changements. Cependant, quand on a bien compris le Principe de Polarité, – car il est évident que les changements mentaux sont occasionnés par un changement de polarité, par un simple glissement sur la même échelle, – il est beaucoup plus facile de saisir entièrement la question. Ce changement n’est pas une transmutation d’une chose en une autre chose entièrement différente ; ce n’est qu’une modification de degré dans la même chose, ce qui est une différence fort importante. Par exemple, si nous empruntons une analogie avec le Plan Physique, il est impossible de changer la Chaleur en Bruit ou en Hauteur, mais on peut transmuter le Chaud en Froid, simplement en modifiant la période des vibrations. Par le même procédé, l’Amour et la Haine peuvent se transmuter mutuellement, de même que le Courage et la Peur. Mais on ne peut transmuter la Peur en Amour pas plus qu’on ne peut transmuter le Courage en Haine. Les états mentaux appartiennent à d’innombrables classes et chacune de ces classes possède ses pôles opposés, entre lesquels une transmutation est possible.

L’élève reconnaîtra facilement que dans les états mentaux, aussi bien que dans les phénomènes du Plan Physique, on peut classer les deux pôles respectivement en Pôle Positif et Pôle Négatif. Ainsi l’Amour est Positif par rapport à la Haine ; le Courage par rapport à la Peur ; l’Activité par rapport à la non-Activité, etc., etc. On remarquera également que, même ceux qui ne sont pas familiers avec le Principe de la Vibration se rendent compte que le Pôle Positif semble d’un degré supérieur au Pôle Négatif et qu’il le domine. La Nature tend à accorder l’activité dominante au Pôle Positif.

En plus du changement de pôles des états mentaux d’un individu par l’art de la Polarisation, le phénomène de l’Influence Mentale, dans ses nombreuses phases, nous montre que le principe peut s’étendre de manière à embrasser le phénomène de l’influence d’un esprit sur un autre esprit, phénomènes dont on a tant parlé et sur lequel on a tant écrit. Quand nous comprenons bien que l’Induction Mentale est possible, c’est-à-dire que des états mentaux peuvent provenir d’autres états mentaux par « induction », il nous est possible de voir comment un certain taux de vibration, la polarisation d’un certain état mental, peut être communiquée à un autre individu et comment sa polarité dans cette  classe d’états mentaux peut être changée. C’est grâce à l’application de ce principe que les merveilleux résultats des « traitements mentaux » peuvent être obtenus. Ainsi, supposons qu’une personne soit triste, mélancolique et craintive. Un médecin de l’esprit qui est capable, à l’aide d’une volonté bien entraînée, de donner à son esprit les vibrations qu’il veut, et par suite d’obtenir la polarisation voulue pour son propre cas, produit un état mental semblable chez un autre individu par induction ; il en résulte que les vibrations augmentent d’intensité et de rapidité et que l’individu se polarise vers l’extrémité Positive de l’échelle au lieu de se polariser vers l’extrémité Négative ; sa Crainte et toutes ses autres émotions négatives se transforment en Courage et en d’autres états mentaux positifs. Une étude peu approfondie vous montrera que ces changements mentaux se font presque tous grâce à la Polarisation ; le changement étant un changement de degré et non pas de classe.

La connaissance de l’existence de ce grand Principe hermétique permettra à l’étudiant de mieux comprendre ses propres états mentaux et ceux des autres. Il verra que ces états sont tous des questions de degré, et, par suite, il deviendra capable d’élever ou d’abaisser ses vibrations à volonté, de modifier sa polarité et ainsi d’être Maître de ses états mentaux au lieu d’être leur servant et leur esclave. Par cette connaissance il sera capable d’aider intelligemment ses compagnons et de changer leur polarité par l’emploi des méthodes appropriées. Nous conseillons à tous les élèves de bien se familiariser avec ce principe de Polarité ; le comprendre correctement jettera la lumière sur bien des sujets obscurs.